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À lire Les réformes vont continuer de plus belle
Édité par Le Monde (29 septembre 2008)
Claude Guéant
Secrétaire Général de l'Elysée
Le Monde : On a le sentiment qu'après avoir minimisé l'ampleur de la crise financière, Nicolas Sarkozy la dramatise. Pourquoi ce changement de ton ?Claude Guéant : Nicolas Sarkozy n'a pas minimisé la crise. Simplement, il n'est pas un devin. Il n'avait pas prévu qu'elle aurait de tels développements, pas davantage que les économistes, les soi-disant experts en conjoncture. (...) Qui aurait pu imaginer, voici un an, que les principales banques d'investissement américaines allaient tomber ? Personne... Cependant, Nicolas Sarkozy tire depuis longtemps la sonnette d'alarme sur le caractère excessivement spéculatif de notre économie. Il a, à plusieurs reprises, dénoncé les rémunérations excessives, qui étaient simplement le fruit de cette spéculation... Allez-vous demander aux patrons qui ont failli de rembourser leur parachute doré ? Il existe un précédent. Un grand patron français, qui avait été mis en cause, avait rendu l'argent à son entreprise. C'est un exemple dont effectivement d'autres pourraient s'inspirer..... Y aura-t-il une loi si les patrons traînent les pieds ? Le Medef réfléchit à cette question. Ce sera intéressant de voir ce qu'il propose, mais en tout état de cause, il ne pourra faire que des recommandations. Donc, il faudra une loi. L'économie française est-elle aujourd'hui menacée de récession ? Je ne le crois pas. Nous sommes en période de ralentissement... Cela étant, les experts se sont souvent trompés, et la vérité c'est que personne ne peut dire à un décime près ce que sera la croissance l'année prochaine ni même en 2008. C'est plutôt inquiétant. Les Français sont des citoyens responsables. Le temps est définitivement révolu, où l'on pouvait leur dire des choses inexactes, approximatives. La vérité aujourd'hui, c'est que personne ne sait véritablement ce qui va se passer. Y compris dans le système bancaire français ? Les banques françaises sont en situation de risque moins grand que celles des Etats-Unis, ou même d'autres pays européens. Pour deux raisons : elles sont moins engagées dans des financements immobiliers risqués, et dans des achats de valeurs fragiles. (...) Mais il est clair que, si une banque française était en difficulté, les pouvoirs publics feraient le nécessaire. (...) J'irais même plus loin. Les pouvoirs publics français feraient en sorte que la banque française, dans son ensemble, garde toute sa capacité à financer l'ensemble de l'économie, qu'il s'agisse des ménages ou des entreprises. C'est le grand retour de l'Etat ? Nicolas Sarkozy n'a jamais dédaigné l'intervention du rôle de l'Etat, bien au contraire. (...) En tant que président de l'Union européenne, il prendra des initiatives fortes, avec les 26 autres pays. Il est en contact permanent avec le président de la Commission européenne, M. Barroso. La brusque remontée du chômage au mois d'août est-elle une conséquence de la crise ? Il est clair que cette remontée est liée à la mauvaise conjoncture internationale. Les échanges représentent à peu près le quart de notre production. Lorsque la croissance ralentit chez nos partenaires, nous en subissons les conséquences. La France doit mener une politique qui lui permette, dans la tempête, de s'en sortir le moins mal possible, et lorsque le redémarrage viendra, de s'en sortir avec le plus de vigueur possible. Les réformes vont continuer de plus belle, parce que notre économie est marquée par des pesanteurs, des anachronismes, qui méritent d'être levés. Le déficit public, que vous laissez filer, n'est-il pas un handicap structurel ? Je m'inscris en faux sur le fait que la France laisse filer ses déficits. C'est vrai que les impôts rentrent moins (...), que la hausse des taux d'intérêt fait que la charge de la dette va coûter cette année 4 ou 5 milliards de plus. On ne peut pas lutter contre cela. Il n'empêche. Le président de la République a toujours à l'esprit d'aller en 2012 vers un équilibre budgétaire. (...) Ce n'est pas un hasard si 30 000 fonctionnaires ne seront pas remplacés parmi ceux qui partent à la retraite. Sur la durée, cette politique aura un impact considérable, quelque 160 milliards d'économies. Parmi les prochaines réformes, figure celle des collectivités locales. De quoi s'agit-il ? Le président de la République constate, comme beaucoup d'élus, des empilements et des enchevêtrements de compétences, des financements croisés et multiples qui coûtent cher et compliquent la vie des élus et des entreprises. Le temps est venu, de faire bouger les choses. (...) Nous allons lancer une vaste concertation avec les collectivités locales. (...) Le président aimerait qu'elle démarre avant la fin de cette année et que la réforme aboutisse dans le courant de l'année 2009. |
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